
La ville de Val-de-Reuil
et l'association
Sous le Soleil Exactement
vous présentent quelques extraits et images du livre de jean claude bourbault publié aux
éditions de l'Amandier.
Page 1
- « Bien entendu Jean Claude, pendant cette mission, pas de photos ! Nous nous sommes engagés auprès de l’ambassade de France à Bagdad. »
De bonne foi j’ai répondu à mon ami Jérôme, le directeur de CIFAP qui m’envoyait à Erbil en Irak donner un stage de formation à Zagros TV, une
chaîne de télévision kurde :
- « OK Pas de photos. »
Et pour la première fois depuis 1984, date de mon premier reportage au Vietnam pour l’agence Gamma, je laissais mes appareils dans leur niche et je me mis en route pour
Roissy.
Ah Roissy ! Sa bretelle d’autoroute, l’aéroport Charles de Gaulle avec ses halls monumentaux, ses contrôles minutieux, ses hôtesses charmantes et ses magasins free taxes. Dans
la vitrine de l’un d’eux, un magnifique Nikon numérique me fit oublier Jérôme et l’ambassade de France.
Et c’est l’appareil en poche que je m’envolais pour Dyarbakir, ma première halte sur la route du Kurdistan d’Irak, dans le même temps que s’envolaient mes bonnes résolutions. Mais
elles, sans espoir de retour.
par jean claude bourbault
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On the road again... Le
passage
par jean claude bourbault
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Le jour se lève
et le monde s'éveille 
Là haut sur la montagne...parlaient les perchmergas

par jean claude bourbault
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Si j’avais l’humour des Kurdes j’aurais pu intituler ces photographies
- Malgré la guerre en Irak la vie continue au Kurdistan-
Mais j’aurais occulté cette réalité : la vie ne continue pas au Kurdistan, elle renaît !
La guerre rôde autour d’Erbil la capitale kurde, mais la ville est sécurisée et les contrôles peu nombreux nous font oublier le danger proche.
Alors les adultes comme les enfants se jettent dans l’avenir avec un appétit,
que l’espoir de voir naître un jour une nation à eux, aiguise.
Ils ne font pas que revivre, ils se « fabriquent » un avenir.
par jean claude bourbault
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Maintenant : à table sergent !
par jean claude bourbault
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Tout vêtement est vecteur de sens.
Il peut aussi bien indiquer l’âge et le sexe que l’origine sociale, l’opinion politique ou la pratique religieuse d’une personne. Sur cette photo, des femmes toutes
de noir vêtues marchent d’un pas décidé vers le bazar, à quelques pas de la vieille citadelle d’Erbil, l’un des lieux habités les plus anciens au monde.
L’austérité première des vêtements se trouve brisée par une jeune fille restée en retrait et qui affiche cette robe jaune poussin à rayure et un sourire mystérieux à
la Mona Lisa.
Ce même jaune couvre également une voiture à l’ombre des arbres. D’un premier élan, faisant la corrélation entre cette jeune fille et cette voiture vêtues à l’identique, l’on
voudrait se dresser contre la condition des femme-objets, mise à nue avec esprit dans ces clichés. Toutefois, ce serait faire preuve de simplicité et voiler l’une des raisons principales de ces
femmes à vouloir se couvrir de ces austères abayas. Ces femmes kurdes, trop souvent touchées par les atrocités commises par le régime de Saddam Hussein, ne se couvrent pas que pour des raisons
religieuses, mais portent le deuil en elles en permanence. Ces visages sur ces lambeaux d’affiches blanchies par la chaleur, nous rappellent ces Kurdes disparus que les familles recherchent
désespérément.
Tout vêtement est vecteur de sens…
Rusen Werdi
Institut kurde à Paris
par jean claude bourbault
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